J'ai vu ça se passer un nombre incalculable de fois. Un artiste passe des semaines sur un morceau. Il rédige un argumentaire dont il est vraiment fier. Il choisit une playlist super importante, et il appuie sur « envoyer ». La réponse : « non ». Et puis, un gamin sans abonnés, sans histoire, sans rien du tout, envoie un morceau tout nouveau et décroche une place en tête de liste le même après-midi. Comment ça marche ?
On a analysé les données de notre Plan de promotion Spotify. Plus de 2 200 curateurs musicaux sur One Submit et plus de 110 000 propositions qui passent par la plateforme. La tendance qui se dégage est d'une simplicité presque ridicule.
Ce n'est pas ton argumentaire, ce n'est pas le nombre de tes abonnés. Ce n'est pas le label indiqué dans ta bio, ni le succès de ton dernier single. Ce n'est pas ton image de marque, ni ton historique d'écoutes. C'est la chanson. Surtout la chanson.
Est-ce que les responsables des playlists Spotify veulent vraiment ta musique ?
Il faut mettre les choses au clair. Beaucoup d’artistes s’attendent au pire. Ils voient les programmateurs comme des gardiens qui s’ennuient et rejettent les propositions juste pour s’amuser. C’est une fausse image. Ce sont des gens qui se sont lancés là-dedans parce qu’ils adorent dénicher de la nouvelle musique que personne d’autre n’a encore entendue. De vrais fans. Ils considèrent les playlists qu’ils ont créées comme un petit bout de culture qu’ils ont construit de leurs propres mains, et ils sont vraiment fiers d’être les premiers à avoir repéré un morceau qui va cartonner plus tard.
Tu vas entendre la version cynique : « Ils ne font ça que pour l'argent. » Bien sûr, peut-être un tout petit peu. Mais les 99 % restants veulent juste que le prochain tube atterrisse dans leur boîte mail, et ils veulent que leur playlist soit celle vers laquelle les auditeurs reviennent sans cesse. Un super morceau d’un parfait inconnu, ça leur fait super plaisir. Ça pourrait être le tien.
Qu'est-ce qui te vaut un « non » ?
La plupart des refus se résument à quelques raisons. Toujours les mêmes, encore et encore. Les responsables de playlists sont débordés. Beaucoup d'entre eux gèrent plusieurs playlists Spotify et examinent des dizaines de propositions par semaine ; ils se sont donc entraînés à prendre des décisions rapidement. D'une rapidité fulgurante. Si rien ne retient leur attention en quinze secondes, c'est fini pour toi.
Quand ils sont éliminés, c'est souvent pour l'une de ces raisons-là. La production n'était pas à la hauteur. Le refrain manquait de punch, ou l'intro ne menait nulle part. Le style ne collait pas avec le reste de la liste. Le mixage faisait un peu amateur à côté des autres morceaux de la liste.
Remarque ce qui manque. Les abonnés. Les tags. Les relations. Le budget. Les curateurs indépendants s'en fichent complètement. Que tu sois une star ou un parfait inconnu, quel que soit ton âge, les critères sont les mêmes. Et ça se résume à une seule question : est-ce que ça améliore la playlist ? C'est tout ce qui compte.
Comment ils décident où tu atterris
Être ajouté, c'est une chose. Mais l'endroit où tu es mis en avant, c'est presque tout ce qui compte. C'est dans les cinq à dix premières places que les gens écoutent vraiment, et c'est de là que viennent les écoutes. Si tu es relégué tout en bas, c'est vrai, techniquement, tu es bien sur la playlist. Mais la plupart des auditeurs n'entendent pas ton morceau.
Alors, comment font-ils pour classer les morceaux ? On leur a posé la question. La réponse revient toujours à peu près à la même chose. Ils mettent les chansons qu'ils adorent en tête. Pas de formule. Pas de grille d'évaluation. Juste l'instinct. Plus la réaction est forte, plus tu grimpes dans le classement.
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Ce que « bien » veut vraiment dire pour eux
Ouais, le terme « bon » est un peu flou. Mais dans tous les retours et analyses des programmateurs qu’on a lus, on retrouve toujours les mêmes éléments chaque fois qu’un morceau cartonne.
D'abord, une production adaptée à l'ambiance. Les programmateurs vivent pratiquement au rythme de leurs propres playlists. Ils ont écouté chaque morceau cent fois. Ils savent exactement comment l'ensemble est censé sonner. Si tu proposes un son plus léger ou plus brut que ce qui existe déjà, t'es fichu ; peu importe la qualité de la chanson en elle-même. À part quelques playlists expérimentales ou alternatives, ça vaut pour tous les genres.
Deuxièmement, un accroche qui fait mouche tout de suite. Ça se joue dans les quinze ou vingt premières secondes. Une longue intro qui ne mène à rien, c'est direct, tu passes à autre chose. Les morceaux qui cartonnent, ça part en trombe. Une explosion d’énergie dès le départ, un son qui accroche l’oreille, une mélodie qui reste en tête. Ça peut être un mur de guitares, une ligne de basse puissante, un chant qui transperce tout, un rythme de batterie qui ne lâche rien. Il faut que quelque chose te sautent aux oreilles dès le début. Ce sont ces morceaux-là qui grimpent dans les classements.
Troisièmement, le genre lui-même. C’est ce qui pose le plus de problèmes aux artistes. Nos programmateurs couvrent tout le spectre musical et défendent farouchement leur petit coin de terrain. Il y a ceux qui s’occupent des playlists de rock et de rock progressif, de hip-hop et de trap, d’indie folk, d’auteurs-compositeurs-interprètes, de folk et de roots. De country, de blues, de soul et de funk. De punk, de post-punk, d’emo, de metal et de grunge. Et puis, en plus de tout ça, tout l’univers de la musique électronique. Deep house, techno, trance, électro, electronica, downtempo, chill, ambient. Chacun de ces genres défend une ambiance bien précise. Un auteur-compositeur-interprète qui chante des ballades acoustiques n’a rien à faire dans une playlist rock. Mets une chanson pop dans une playlist de folk joyeux, et tu auras gâché l’après-midi de tout le monde.
Si tu cibles bien ton public, tu montres que tu respectes ce qu'ils font. Alors, détermine bien ton genre avant d'envoyer ta musique. Tu n'arrives pas à te décider ? Trouve des artistes ou des groupes qui ont un son similaire au tien et regarde comment leur musique est référencée.
Le quatrième, c’est le plus insaisissable : le ressenti. Et cet instinct n’est pas le fruit du hasard. Les programmateurs s’appuient sur leurs connaissances musicales, un peu de psychologie, leur sens du marketing et des données pour déterminer ce qui correspond à une ambiance ou à une atmosphère donnée. Ils en parlent sans arrêt. Est-ce que ça marche ? Y a-t-il un moment fort là-dedans ? Une production soignée et des arrangements instrumentaux solides te permettent de passer la porte. Quant à savoir si tu te retrouves en haut du classement, ça dépend souvent du fait que la chanson leur ait fait ressentir quelque chose. Ça prend des années à maîtriser et tu ne peux pas faire semblant. C’est tout ce qui sépare un morceau correct de celui dont les gens se souviennent.
Les playlists Spotify, elles sont grandes ou petites ?
Tout le monde court après la liste des 100 000 abonnés. Mais voilà ce que personne ne dit : plus la liste est grande, plus c’est dur de convaincre le curateur. Ces places sont déjà prises par les tubes des grands artistes, donc il reste peu de place pour un inconnu. Et quand un nouveau nom parvient à s’y glisser, il doit tenir la route face à ces tubes. Si ton morceau n’est pas encore tout à fait au niveau, tu as tout intérêt à viser plus petit, là où les taux d’acceptation sont bien plus favorables. Onze places sur des listes comptant en moyenne 9 000 abonnés valent mieux qu’une seule place sur une liste à 100 000 abonnés. Et de loin.
Tout ça n'a rien à voir avec Spotify playlists de la rédaction, au fait. Personne ne te les donne directement. Mais c'est grâce à des placements solides et indépendants que tu commences à créer cette dynamique qui te fera remarquer.
Un petit mot sur le terrain
Le public auquel tu t'adresses influence ce que tu écris. Les blogueurs, les labels et les pros de la radio. Ils veulent du contexte. Les détails qui les aident à rédiger un article, même une petite critique. Une biographie racontant ton parcours, tes précédentes sorties, tes succès éventuels, quelques anecdotes sur toi ou sur le morceau. Donne-leur de quoi travailler.
Les créateurs de playlists Spotify Et les créateurs de TikTok se contentent surtout de partager la chanson. Fais court et simple. Personne n'a envie d'entendre l'histoire de la première fois où tu as pris une guitare en main.
Et écoute, le pitch n'a qu'un seul but : faire passer la chanson. Une fois qu'elle passe, une bonne note peut la mettre en valeur. Mais ça ne peut pas sauver un morceau médiocre. Rien ne peut sauver un morceau médiocre.
Alors, comment tu fais pour vraiment augmenter tes chances ?
En bref. Connais bien ton genre musical et compose une chanson vraiment bonne. Savoir écouter sa propre musique avec un regard neuf est l'une des compétences les plus difficiles à acquérir pour un artiste, mais ça, c'est un tout autre sujet.
Quelques petits détails qui font toute la différence :
Fais gaffe aux morceaux qui mélangent les genres. Ça peut paraître frais et original, c'est vrai. Mais imagine un morceau de country électronique ajouté à la fois à une playlist électro et à une playlist country. Le programmateur électro va trouver ça trop country. Le programmateur country va trouver ça trop électro. Et là, tu as raté ton coup deux fois.
L'exception, c'est le conservateur dont le truc, c'est justement cette combinaison précise, et ceux-là sont rares,
Il n'y a pas beaucoup de playlists de country électronique où tu peux proposer ta chanson.
Fais le mastering audio de ton morceau avant de le mettre en ligne chez ton distributeur. Si tu ne le fais pas, il passera inaperçu et manquera de relief par rapport aux autres titres de la playlist. Les programmateurs s'en rendent compte en une seconde. Les auditeurs aussi. C'est facile à corriger, alors fais-le.
Si tu peux, écoute la playlist avant d'envoyer ta chanson. Clique sur le lien, écoute-la attentivement et demande-toi si ta chanson s'intègre bien dans la playlist. Si tu hésites, c'est probablement que non.
Et si tu ne sais pas trop quel genre choisir ou si tu te demandes si ton morceau est vraiment prêt, n'hésite pas à nous poser la question chez One Submit.
On est ravis de t'aider, quoi qu'il arrive. Qu'il y ait une campagne ou pas.
En résumé
Les programmateurs ne sont pas plantés devant une barrière à chercher des raisons de te refuser l'accès. Ce sont d'abord des fans potentiels. Ils veulent des morceaux qui enrichissent leurs playlists Spotify, et quand tu leur en proposes un, ils l'ajoutent. Souvent en tête de liste.
Tu n'essaies pas de contourner un système. Il n'y en a pas. Tu essaies de créer quelque chose auquel un programmateur ne pourra pas dire non, puis de le faire découvrir aux auditeurs qui s'y identifieront et qui t'aideront à faire connaître ta musique à de nouveaux fans.




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